Page mise en ligne le 19 Juillet 2003 - Page dernièrement modifiée le Samedi 23 Juin 2007

Populations de Bouquetins des Alpes du Parc Naturel Régional du Vercors

 

A travers cette page, je traîterai des deux populations de Bouquetins du Parc Naturel Régional du Vercors. Avant, voici une brève description du massif :

Le Vercors est un vaste plateau calcaire de moyenne montagne, dont les bords se relèvent jusqu'à atteindre les crêtes les plus élevées du Vercors (le Grand Veymont à 2356 mètres). Ses bordures septentrionales, méridionales mais surtout orientales sont composées de vastes falaises, très favorables aux Bouquetins des Alpes. Cirques, gorges et grottes abondent dans ce massif. Le Vercors est classé en Parc Naturel Régional et abrite la plus grande Réserve Naturelle de France sur les Hauts-Plateaux du Vercors (16 662 ha).

La décision de réintroduire cette espèce dans ce massif des Préalpes du Nord a été prise à la suite de la découverte d'ossements de Bouquetins dans certaines grottes du Vercors. Ces découvertes ont ainsi prouvé que l'Ibex a habité le Vercors en des temps préhistoriques. Relâcher des Bouquetins revenait donc à pratiquer une réintroduction, et non une introduction.

Les spécialistes ont recensé trois grands biotopes à Bouquetins dans ce massif :

Au total, fin 2005, l'effectif de Bouquetins du Parc Naturel Régional du Vercors (Drôme et Isère) est estimée à plus de 350-400 individus, divisée en 2 populations.


Plan :


 

 


POPULATION DE LA BORDURE MERIDIONALE ET ORIENTALE DU VERCORS


 

La réintroduction

En avril 1989, 16 individus (8 mâles et 8 femelles), âgés de 2 à 6 ans, ont été capturés dans le Parc National de la Vanoise, plus précisément dans la vallée de la Maurienne. Les animaux furent transportés en voiture, à 200 km de là, au sud de la Réserve Naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors, dans le Diois.

Le lendemain, tous furent lâchés dans le cirque d'Archiane, caractérisé par de hautes falaises et de nombreuses vires gazonnées. Un mâle cependant, blessé à la hanche au cours du transport, a dû être soigné pendant près d'un mois en enclos, avant de rejoindre les autres Ibex.

Tous les animaux furent équipés de colliers émetteurs radio (VHS) et deux mâles possédaient même une balise Argos.

L'année suivante, 12 Bouquetins ont encoré été réintroduits à Archiane, entre le 7 et le 11 mai.

Un comité de suivi se met en place et comprend des élus du secteur, des représentants des chasseurs et des associations de protection de la nature (FRAPNA par exemple) ainsi que l'ONCFS, l'ONF et la DDAF.

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Evolution des effectifs de 1990 à maintenant

En mai 1990, avant les naissances et après la seconde phase de lâchers, la colonie comptait déjà 33 individus. En effet, 6 cabris étaient nés des 8 femelles du premier lâcher.

Début 1994, on comptait 80 Bouquetins, répartis en trois secteurs principaux : le cirque d'Archiane, le Grand Veymont et la Grande Moucherolle.

Début 2000, la colonie était estimée à 150 individus.

Début 2002, la population de la bordure des Hauts-Plateaux du Vercors serait de 250 et 280 animaux.

Fin 2004, plusieurs comptages réalisés par le Centre Ornithologique Rhône-Alpes et la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux du Vercors révèlent la présence de 285 Bouquetins sur les bordures orientales et méridionales du Vercors.

Fin 2005, un comptage réalisé les 11 et 12 décembre 2005, par le CORA Drôme et la RN des Hauts-Plateaux du Vercors, donne un total de 348 Bouquetins comptés, soit une augmentation de 37,7% par rapport à l'effectif compté l'année précédente.

Le seul frein à cette spectaculaire expansion, numérique et spatiale, pourrait être le braconnage. En effet, un mâle a été braconné au Pas de l'Aiguille en 2002, et un autre en 2004 toujours sur la bordure méridionale des Hauts-Plateaux du Vercors.

Maintenant que nous avons parlé des effectifs de cette population dans son ensemble, nous allons voir plus précisément la répartition et les effectifs des deux noyaux (qui bien sûr communiquent entre eux et ne sont pas isolés).

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Noyau de la bordure méridionale des Hauts-Plateaux du Vercors

Ce noyau est centré sur le site de lâcher, c'est-à-dire sur le cirque d'Archiane et la montagne de Glandasse.

Néanmoins, une extension est constatée en 2004, au Rocher de Combau.

Les femelles occupent deux secteurs distincts de mise-bas et d'élevage des jeunes :

En été, il est possible que des femelles, suitées ou non, séjournent plus au sud de la Tête du Jardin, en direction du village de Bénevise.

La principale zone de "stationnement" des mâles adultes se situe dans la Combe de l'Aubaise, entre le Rocher d'Archiane et le Rocher de Pierre-Ronde. Entre 15 et 40 individus sont présents mais rarement en grand groupe (le maximum observé est de 25-30 individus). Ils y sont présents en belles hardes au printemps (février à mai) et moins régulièrement de juin à octobre.

On sait également que des mâles sont présents à Glandasse Ouest mais on a très peu de connaissances sur ces animaux (effectifs, territoires au cours des saisons...). Chaque année, depuis près de 3 ans, 15-20 individus sont observés au moi de mai (lors des comptages de tétras-lyre), sous le Roc d'Ambane.

Au cours de l'été 2004, deux observations d' 1-2 jeunes mâles ont été réalisées sur la Montagnette, dans le vallon de Combau.

Les zones de rut ne sont pas bien différentes des territoires estivaux :

Il s'agit de la bordure occidentale de la montagne de Glandasse. Ce secteur est en énorme progression : 24 individus en 2000/2001, 39 en 2002/2003, 45 en 2004/2005 et près de 70 en 2005/2006.

Le cirque d'Archiane reste néanmoins la principale zone de rut de la bordure mérdionale du Vercors : 130 Bouquetins lors du rut 2004/2005, plus de 140 en 2005/2006 (sachant qu'un secteur n'a pu être compté). A signaler qu'au cours du rut 2001/2002, un mâle réintroduit en 2000 dans l'ouest du massif (falaises du Royans) s'est joint au noyau de Glandasse Ouest, tout au long de l'hiver.

En décembre 2001, 111 individus ont été comptés sur le secteur de Glandasse - Archiane. Avec les naissances de 2002, les effectifs étaient estimés à 150 - 170 Bouquetins.

Le 22 décembre 2002, un comptage est réalisé. Il indique 125 Bouquetins (chiffre légèrement inférieur aux prévisions mais incomplet car on ne peut jamais compter TOUS les individus d'une population). Parmi ces animaux, 39 ont été recensés au Glandasse Ouest.

Fin 2004 (comptage réalisé le 12 décembre 2004 par le CORA et la RN), 130 Bouquetins ont été observés dans le Cirque d'Archiane et 45 sur le Glandasse, soit un total de 175 Bouquetins sur la bordure méridionale du Vercors.

Fin 2005 (comptage réalisé le 11 décembre 2005 par le CORA et la RN), 214 Bouquetins ont été comptés sur la bordure méridionale du Vercors : près de 140 dans le Cirque d'Archiane et près de 70 sur Glandasse ouest.

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Noyau de la bordure orientale des Hauts-Plateaux du Vercors

Vieux bouc au sein d'un troupeau de mâles, en pré-rut (mi octobre), sur la bordure orientale des Hauts-Plateaux du Vercors.

Photo : © Lionel TASSAN (perso.wanadoo.fr/lionel.tassan)

Etagne et son cabri sur les crêtes du Veymont. Cliquez sur la photo pour voir l'agrandissement.

Photo : © DOM (www.tatm.com/dom/inique/T@M_chrono.html)

Ce noyau s'étend sur toute la bordure orientale des Hauts-Plateaux du Vercors, du Grand Veymont jusqu'à Saint-Nizier-du-Moucherotte (hors des limites de la Réserve Naturelle). Des extensions sont constatées vers le nord en direction des Trois Pucelles et vers l'est au Mont Aiguille.

Les femelles et des jeunes sont régulièrement observés, toute l'année, entre Pierre Blanche et Grand Veymont. Ce sommet est en outre une zone de rut fréquentée.

Plus au nord, un second groupe existe. Il est probablement supérieur au précédent (X 1,5 à 2,5) mais très mal connu.

Par ailleurs, on constate depuis quelques années une extension de l'espace occupé par cette population, notamment par les femelles. Ainsi, en 2004, on note la présence de 2 étagnes au pied des falaises du Mont Aiguille, à l'est de la bordure orientale du Vercors. En mai 2005, c'est un groupe de 12 (étagnes et jeunes) qui est observé en dessous du Rocher du Parquet, au dessus du Bois des Fourchaux, sur la commune de Chichilianne (Isère). Ce secteur est proche de la zone d'hivernage du Grand Veymont.

Concernant les mâles, la principale zone d'estive se situe entre Pas Etoupe et Pas de Berrièves - Pas Morta. L'été 2004, jusqu'à 55-60 Bouquetins mâles ont été observés ensemble aux alentours du Pas de Berrièves. Par ailleurs, début octobre 2004, au moins 23 Bouquetins mâles étaient couchés parmi les pins à crochets de la zone de combat entre Roche Rousse et Pas de la Posterle. Pas très loin de là, en juin 2002, 11 mâles avaient aussi été observés au Pas de l'Aiguille (dont un a été braconné).

Au total, au cours de l'été 2004, un peu plus de 50 mâles ont été observés ensemble entre Grand Veymont et Moucherolles.

Depuis plusieurs étés, des déplacements erratiques sont effectués vers le sud (Rochers des Parquets) et le nord (Roc Cornafion et col Vert).

Enfin, ce noyau a connu l'arrivée de 3 mâles relâchés en 2000 et 2002 dans l'ouest du massif.

La principale zone de rut s'étale entre le sommet du Grand Veymont et celui de la Grande Moucherolle.

Cependant, d'autres sont occupés,

Les rares comptages effectués sur la bordure orientale des Hauts-Plateaux n'ont jamais donné entière satisfaction. En effet, la topographie, très difficile, ne favorise pas l'accès ni l'observation des animaux. Ceci fait que les chiffres sont largement sous-estimés (70 Bouquetins seulement comptés en décembre 2002).

Cependant, l'observation régulière en 2002 d'une harde de 35-40 mâles en été, sur le secteur Pas de Berrièves - Pas Morta, peut permettre une estimation des effectifs : 40 mâles + 40 femelles + 25 jeunes = 105 Ibex.

Ce noyau est sans doute sous-estimé mais il est normalement inférieur au noyau méridional car il y a eu moins de femelles pionnières, issues des lâchers.

Fin 2004 (comptage réalisé le 12 décembre 2004 par le CORA et la RN) a permis d'observer 110 Bouquetins : 55 sur le Grand Veymont et 55 sur la Grande Moucherolle.

Fin 2005 (comptage réalisé le 12 décembre 2005 par le CORA et la RN), 134 Bouquetins ont été comptés sur la bordure orientale du Vercors : plus de 80 individus au Grand Veymont et plus de 50 autour de la Grande Moucherolle.

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POPULATION DES FALAISES DU ROYANS


 

La réintroduction

10 ans après les derniers lâchers de Bouquetins des Alpes dans le Cirque d'Archiane (Diois), le Parc procéde à la réintroduction de l'espèce dans l'ouest du massif.

Les premiers lâchers eurent lieu le 3 mai 2000 (3 femelles et 2 mâles), le 4 mai 2000 (3 femelles et 1 mâle), le 5 mai 2000 (2 femelles et 2 mâles) et le 6 mai 2000 (2 mâles). Au total, cette année là, 15 individus sont réintroduits à Pont-en-Royans, sur la rive droite des Petits Goulets, au pied du Mont Barret. Ces individus ont tous été individualisés par des boucles auriculaires de couleur et ont tous été équipés d'un collier émetteur.

Mâles
Femelles
Oreille Gauche
Oreille Droite
Age
Oreille gauche
Oreille Droite
Age
rouge
rouge
3 ans
vert
rouge
8 ans
rouge
jaune
4 ans
vert
X
3 ans
rouge
vert
4 ans
X
vert
9 ans
jaune
jaune
4 ans
vert
jaune
7 ans
violet
vert
6 ans
jaune
X
9 ans
violet
violet
8 ans
X
rouge
9 ans
X
violet
4 ans

Très rapidement, peu de temps après les lâchers de mai 2000, 2 femelles réintroduites meurent suite au stress de la capture et du transport. C'est la raison pour laquelle on ne les a pas mentionné dans le tableau.

5 animaux issus de ces lâchers sont morts, parmi lesquels :

Comme on peut le voir, la mortalité a été très élevée suite à ce premier lâcher.

Ce site de lâcher a été choisi selon plusieurs critères :

En 2001, la réintroduction de 15 autres Bouquetins a été ajournée. En effet, le transport de Ruminants et de Porcins, sauvages ou domestiques, a été provisoirement interdits suite aux différents cas de fièvre aphteuse signalés en France au printemps 2001. Aucun lâcher n'a donc pu être effectué.

En 2002, rien n'est venu s'opposer à la poursuite de l'opération. Entre le 17 et le 26 avril, 20 Bouquetins ont été relâchés (9 mâles et 11 femelles). Tous les Ibex réintroduits étaient équipés d'un collier porteur d'un émetteur radio et de marques auriculaires colorées.

Mâles
Femelles
Oreille Gauche
Oreille Droite
Date
Oreille gauche
Oreille Droite
Age
bleu
bleu
17 avril
vert
vert
17 avril
violet
X
17 avril
jaune
vert
17 avril
vert
violet
17 avril
jaune
rouge
17 avril
jaune
X
17 avril
X
blanc
18 avril
blanc
rouge
18 avril
blanc
X
18 avril
X
jaune
19 avril
bleu
vert
18 avril
violet
violet
19 avril
blanc
violet
20 avril
violet
jaune
19 avril
violet
blanc
26 avril
rouge
bleu
20 avril
rouge
X
24 avril
blanc
blanc
24 avril
bleu
jaune
26 avril

Le site de lâcher a cependant changé, même s'il reste dans les falaises du Royans. En effet, alors que le Bouquetin s'adapte très bien aux activités et installations humaines (routes...), il en va tout autrement des animaux stressés par le lâcher. Or, le site de réintroduction du Mont Baret était dérangeant pour les Bouquetins.

Le nouveau site se situe donc dans les plus longues falaises du Royans non coupées de routes et autres installations humaines : c'est-à-dire sur les falaises de la rive gauche de la Bourne, en aval de la Balme de Rencurel et la rive droite de la Vernaison, en aval des Grands Goulets. Au pied de ces 18 km de falaises, plusieurs points étaient techniquement acceptables. Après consultations des ACCA, on a choisi de les réintroduire au pied du Cirque du Bournillon.

Si la mortalité des individus de ce deuxième lâcher est beaucoup moins importante que suite au premier, elle n'en est pas moins préoccupante. En effet, les deux cas de mortalité sont des tirs : une bavure de chasse (mâle pris pour un chamois) signalée par le chasseur lui-même sur la bordure Nord-Ouest du Vercors (présence inconnue des chasseurs) et un cas de braconnage avec une munition prohibée (chevrotine) dans les falaises de la rive gauche des basses gorges de la Bourne, où la présence de l'espèce était bien connue. Le cadavre de ce dernier a été retrouvé dans la retenue EDF.

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Présentation du biotope des falaises du Royans

Rochers du Bournillon, dans les Basses Gorges de la Bourne.

Photo : © Stéphane THIEBAUD

Avant de commencer, voici une brève présentation de ce biotope. Ce biotope comprend :

Il existe ainsi, de la Balme de Rencurel au Grands Goulets, près de 18 kilomètres de falaises reliés par le Bec de Châtelus ou le Pas des Charmatte. Ces falaises culminent à 1271 mètres (au sommet de l'Allier, sur Echevis) et ailleurs, leurs crêtes s'abaissent jusqu'à 750 mètres et le pied à 500 mètres. On y rencontre toutes les expositions mais surtout le nord, le sud-ouest et la moins bien représentée étant l'est.

Dans cette région de basse altitude, les animaux recherchent l'ombre, sous les buissons, les failles et les cavernes, entre des blocs rocheux et sont probablement plus nocturnes qu'en haute montagne. C'est la raison pour laquelle les individus de cette populations sont très difficilement observables, en particulier l'été (par exemple, lors de l'été 2003, deux stagiaires ont suivi les animaux tous les jours par radiopistage mais n'ont pu réaliser qu'un à deux contacts visuels par mois !).

Cette information est très importante puisqu'elle explique en grande partie le faible nombre de naissances constatées (seulement 6 absolument certaines en 4 ans). En effet, la majorité des femelles n'ont été contactées que par radio et il devient donc difficile de savoir s'il y a eu des naissances en absence d'observations.

Il existe dans ce biotope des falaises du Royans, un noyau principal, un noyau secondaire et quelques individus isolés. Cependant, quelques autres animaux ont quitté le Royans pour d'autres biotopes du Vercors.

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Noyaux du Royans

Femelle Jaune Droit, observée le 28 novembre 2004, dans les falaises boisées des Rochers de Bournillon.

Photo : © Stéphane THIEBAUD

Ce noyau de la rive gauche des basses gorges de la Bourne comprend en fait deux sous-ensembles : les Rochers du Bournillon (comprenant les falaises des crêtes de Vézor) et le Cirque du Bournillon, deux kilomètres en amont du précédent. Ensemble, ils représentent 8 kilomètres de falaises, entre le Cirque de Bournillon et le Bec de Châtelus.

Pour l'instant, ces deux sous-ensembles, bien que très proches, sont occupés par des animaux différents qui ne communiquent pas ensemble. Bien sûr, cette situation n'est que provisoire et évoluera vers un seul noyau avec l'augmentation de la population.

Suite au lâcher de 2002 , il comprenait 10 individus : 7 femelles et 3 mâles. Tous ont été réintroduits en 2002, à l'exception du mâle violet D lâché en mai 2000 et présent ici depuis la fin du mois d'août 2000.

Depuis, ce noyau s'est enrichi avec l'apport de 3 mâles venus du Mont Baret et d'individus ayant rapidement dispersé après leur lâcher (à la Balme-de-Rencurel, au nord des Hautes Gorges de la Bourne...) et qui sont retournés dans les Basses Gorges de la Bourne. En plus de ces individus, il convient de rajouter les naissances sur place.

En effet, depuis 2002, au moins 7 naissances ont été enregistrés : 6 dans le Cirque du Bournillon et 1 dans les Rochers du Bournillon. Voici un bref résumé de ces naissances :

Au début de l'été 2007, le noyau du Bournillon comptait au moins 13 individus : 9 dans le cirque de Bournillon (4 femelles adultes, 2 mâles adultes, 2 jeunes de 1 an et 1 cabri) et 4 dans les Rochers du Bournillon (2 femelles adultes, 1 mâle adulte et 1 jeune).

Ce noyau du Bournillon, installé dans les basses gorges de la Bourne, est le plus important de la population du Royans.

Ce noyau est centré sur le site de lâcher, c'est-à-dire sur le Mont Baret et les Petits Goulets (communes de Pont-en-Royans, Châtelus, Saint-Eulalie et Echevis).

1. Noyau "historique" (suite à la réintroduction de 2000)

Ce noyau comporte actuellement un seul mâle "pionnier". Il s'agit de vert-rouge, qui préfère surtout la plus haute falaise du Mont Baret, située à l'est du Mont (entre 550 et 793 mètres d'altitude). Le tiers méridional, orienté sud et sud-est, est moins fréquenté que le reste, d'orientation est - nord-est. Deux autres mâles étaient présents au Mont Baret jusqu'à la fin de l'année 2003, mais ils ont préféré rejoindre les Rochers du Bournillon au cours du rut 2003/2004 et y sont restés (mâles rouge-jaune et jaune-jaune). Un second mâle, non marqué car né sur le site en 2000 (voir plus bas), est présent au Mont Baret.

Les 3 femelles "pionnières" (vert G , vert-jaune , vert-rouge), au contraire, préfèrent la face occidentale du Mont Baret, entre 250 et 600 m. Elles fréquentent surtout les défilés encadrant ce mont et le versant escarpé les reliant. Une autre femelle (rouge D) était également observée de l'autre côté de la Vernaison. Elle fréquentait ainsi les deux rives des Petits Goulets, entre 250 et 550 mètres d'altitude. Cependant, celle-ci est probablement morte au Mont Baret, même s'il n'est pas exclu qu'elle ait perdu son émetteur.

2 cabris sont nés en 2000 des femelles rouge D et vert-jaune. Actuellement émancipés, le petit de la première femelle vit depuis le début de l'année 2001 de l'autre côté de la Vernaison, sur la rive gauche des Petits-Goulets. Montrant un comportement trop familier notamment vis à vis des véhicules (qu'il poursuivait !), il a été capturé en 2003 (sans téléanesthésie) et relâché au cirque du Bournillon, après avoir été préalablement marqué (vert D). Quant au petit de la deuxième femelle, il est toujours présent au Mont Baret.

2. Noyau actuel (avec les naissances sur zone)

Ce noyau a d'abord eu du mal à fonctionner. Lors du rut de l'hiver 2000/2001, on n'a pas observé d'individus des deux sexes ensembles. Ceci explique l'absence de naissances en 2001. Au cours des hivers 2001/2002 et 2002/2003, il a été observé très peu de comportements de rut des mâles. Ceci explique aussi l'absence de naissance constatée en 2002 et 2003. Cependant, il est toujours possible qu'une ou plusieurs naissances soient passées inaperçues.

A partir de l'hiver 2003/2004, les comportements de rut sont plus soutenus et des naissances sont observées régulièrement.

Au total depuis 2000, 7 naissances ont été enregistrés :

Au début de l'été 2007, ce noyau comprend 10 bouquetins : 4 femelles adultes (3 lâchées en 2000 et une née sur le site en 2004), 3 mâles adultes (un lâché en 2000, un né sur le site en 2000 et un autre en 2005), 2 jeunes (nés en 2006) et 1 cabri né en 2007.

2 femelles réintroduites en 2002 (jaune G et vert-vert) ont quitté les Gorges de la Bourne et se sont installées dans les Rochers de l'Allier, à l'aval immédiat des Grands Goulets (rive droite). La première préfère les falaises entre les Rochers de l'Allier et les Grands Goulets, tandis que la seconde estive surtout aux Rochers de l'Allier.

En août 2005, ces femelles ont été "retrouvées" après plusieurs années sans observation. La femelle jaune-G était suitée d'un cabri de l'année !

Depuis, les observations sont rares et laissent espérer des naissances passées inaperçues.

Le Château : le mâle violet-vert, lâché en mai 2000, s'est installé depuis août 2000 dans les Rochers de la rive droite du défilé de Pont-en-Royans. Généralement invisible en été (effet de chaleur), il l'est de nouveau dès l'automne.

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Quelques individus se sont installés à distance rejoint les falaises Nord-Ouest du Vercors

La femelle rouge G, perdue de vue depuis son lâcher le 24 avril 2002, est retrouvé à partir du 11 mars 2003, sur la bordure Nord-Ouest du Vercors, dans le ravin entre les communes d'Izeron et de Saint-Pierre-de-Chérenne. Elle y est toujours présente fin 2004. Depuis, je ne sais pas si cette femelle est toujours présente dans cette zone.

Un mâle est actuellement présent dans les Rochers de Chalimont, à Saint-Julien-en-Vercors.

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Trois individus ont rejoint la bordure méridionale et occidentale du Vercors

Le mâle, rouge-rouge, lâché en 2000 au Mont Baret, a gagné la bordure méridionale du Vercors au cours de l'été 2001. Il est alors passé par la rive gauche du Cirque d'Echevis puis par la Roche-des-Arnauds. Ensuite, de la fin de l'été 2000 au milieu de l'automne 2001, ce mâle est resté dans les falaises de Quint, sur la bordure méridionale du Vercors. Durant cette période, il a fait une brève incursion vers l'ouest, de mi-juillet à mi-août 2001, jusqu'aux Gorges de l'Omblèze, via les Rochers de la Sausse. Les falaises de Quint avaient déjà été atteintes par un individu lâché en 1989. Ceci signifie que des échanges sont possibles entre les 2 populations, ce qui est très positif pour la diversité génétique des Bouquetins du Vercors. Puis, à l'approche du rut, il a continué sa route vers l'est (il a été aperçu par la CORA - Drôme au Pas de Chabrinel le 25 novembre), jusqu'à rejoindre le versant occidental de la Montagne du Glandasse. Ici, il a été capté et aperçu tout l'hiver, en compagnie des quelques dizaines d'Ibex du secteur. Depuis la belle saison 2002, il est présent sur la bordure orientales du Vercors. Depuis, il a perdu sa boucle d'oreille gauche.

Puis, le mâle violet-blanc réintroduit en avril 2002 est présent, le 27 mai, à La Roche-des-Arnauds. Il est contacté sur une petite pointe rocheuse à 1408 mètres, au dessus d'une croupe boisée entre les communes de La Chapelle-en-Vercors et Saint-Laurent-en-Vercors. Finalement, en août (soit moins de 4 mois après son lâcher), il est vu et photographié sur les falaises orientales (Pas des Belièvres) en compagnie d'une harde de 41 mâles nés sur place. Il a encore été observé sur la bordure orientale du Vercors en 2004

Plus récemment, le mâle jaune-rouge, relâché en avril 2002, s'est d'abord installé au dessus de la Balme-de-Rencurel, puis en avril 2003 dans les falaises sud-est de la Saint-Julien-en-Vercors, au nord de la Vierge-en-Vercors. En juin 2005, ce mâle est observé parmi un groupe de 23, sur la bordure orientale des Hauts-Plateaux du Vercors, entre Veymont et Moucherolle. Il a lui aussi perdu sa boucle d'oreille droite rouge.

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Bibliographie :

  • PNR du Vercors, 2000-2003. - Infos Bouquetins dans les Falaises du Royans - n° 1 (29/05/2000), n°2 (29/06/2000), n°3 (17/08/2000), n°4 (15/12/2000), n°5 (avril 2001), n° 6 (28/04/2002), n°7 (28/05/2002), n° 9 (mars 2003) et n° 10 (avril-juin 2003).
  • WEBER Eric, 1994. - Sur les traces des Bouquetins d'Europe. - Edition Delachaux et Niestlé. 176 p.
  • Nombreux e-mails de Jean-Pierre Choisy (PNR du Vercors), de Julien Traversier et Stéphane Thiebaud (CORA Drôme) de mai 2002 à juin 2007.


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