Page mise en ligne le 9 Août 2004 - Page dernièrement modifiée le Mardi 9 Août 2005

Populations de Bouquetins des Alpes du Parc National de la Vanoise

 

A travers cette page, je traiterai des 3 populations de Bouquetins du Parc National de la Vanoise (Savoie).

Ce parc comprend 3 populations distinctes :

Actuellement, le Parc National de la Vanoise abrite près de 1300 individus en hiver et près de 1500 individus en été, divisés en 4 populations.


Plan :




 

 


POPULATION AUTOCHTONE DE MAURIENNE


Origine de la population

C'est en Maurienne que subsistaient les derniers bouquetins de France. C'est pour les protéger que le Parc National de la Vanoise fut créée en 1963.

Ce noyau a vraisemblablement une double origine : d'abord il provient certainement d'essaimages successifs depuis le Parc National du Grand Paradis, ensuite de quelques rescapés qui ont pu se maintenir dans des falaises inaccessibles, malgré le braconnage.

A la création du Parc National, ce noyau comprenait deux groupes :

C'est à partir de cette soixantaine de Bouquetins que le repeuplement du Parc allait commencer.

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Territoires occupés

Jusqu'au début des années 1980, la population s'était fortement aggrandie numériquement (400 individus en 1976), sans pour autant avoir élargi son aire de répartition dans de grandes proportions.

Dès les années 1960, des individus sont allés s'installés à l'Ouest de Saint-Martin-de-Belleville, dans le massif du Grand-Perron des Encombres. Par émigration naturelle "massive", une nouvelle population s'est formée dans ce massif (hors Parc National) où plus de 350 Bouquetins étaient comptés en 1992...

Dans les années 1980, la population s'est étendue vers le Nord, en Tarentaise, où une nouvelle population s'est installée naturellement par migrations internes régulières. Le noyau de Pralognan s'est d'abord fixé en 1984, puis celui de Méribel en 1986 et enfin celui de la rive droite de Pralognan. Cette population, au nord de la Maurienne, occupe donc les hautes vallées de Pralognan et des Allues, situées en Tarentaise.

Si la grande majorité des animaux sont installés dans cette partie de la Tarentaise à l'année, d'autres effectuent de véritables migrations annuelles. Ainsi, des hardes de mâles hivernent en amont de Modane et estivent au-dessus du Lac Blanc de Polset.

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Effectif et statut de la population

A la fin de l'année 1967 (soit 4 années après la création du Parc), le noyau originel de Maurienne était estimé à une centaine d'individus, avec 15-20 naissances annuelles.

L'histoire de la fondation de cette population, qui n'est en fait pas vraiment une population puisqu'en connexion directe avec la population de Maurienne, est riche en rebondissement.

En 1981, un lâcher de 10 Bouquetins provenant de Maurienne est effectué dans la vallée de Pralognan, en Tarentaise . Ce fut un échec total puisque tous les animaux regagnèrent leur vallée d'origine, à une quinzaine de kilomètres.

Mais dans les années 1980, des individus sont revenus de leur plein grès et s'y sont fixés. Actuellement, on compte le noyau de Pralognan Rive Gauche (fixé en 1984), celui de Méribel (1986) et celui de Pralognan Rive Droite (plus récent).

Si une grande partie de la population s'est désormais installée à l'année en Tarentaise, d'autres individus ne viennent qu'en été. Ainsi, les vallées de Pralognan et des Allues abritent jusqu'à 400 individus en été.

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POPULATION AU CONTACT DU GRAND-PARADIS


Origine

Cette population, établie naturellement en Haute-Tarentaise et Haute-Maurienne, est issue de la florissante population du Parc National italien du Grand Paradis. Cette population est issue du Parc national italien du Grand Paradis.

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Territoires occupés

La majeure partie de la population occupe la rive droite de l'Isère (en amont de Val d'Isère), le long de la frontière italienne. Au Nord-Est du Parc National, le secteur de l'Aiguille de Gontière et du Val Prariond sont particulièrement prisés, ainsi que la Réserve Naturelle de Grande Sassière.

Des individus de cette population sont également installés dans la haute vallée de la Maurienne, au dessus de Bessans ou de Bonneval-sur-Arc, notamment sur les crêtes frontalières.

Plus au nord, des Bouquetins sont maintenant présents tout le long de la frontière italienne, depuis le vallon du Nancruet jusqu'à celui de la Sassière du Ruitor, en passant par le secteur d'Archebloc (commune de Saint-Foy-Tarentaise).

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Effectif et statut de la population

À la belle saison, près de 300 bouquetins peuvent être observés entre la Réserve naturelle de la Grande Sassière et le Vallon de Prariond (Haute-Tarentaise), ainsi qu'au dessus de Bonneval-sur-Arc et de Bessans (Haute-Maurienne).

Cependant, la moitié seulement de ces individus hiverne sur le versant français, l'autre retourne en Italie dans différentes vallées.

Au cours de cet hiver 2003/2004, dans la Sassière, les effectifs totaux sont comparables à ceux de l'hiver 2001/2002, mais en très légère augmentation depuis 1996. Sur Val d'Isère, les chiffres sont plus variables, en relation avec une plus grande difficulté d'observation. On constate que le nombre d'animaux hivernants augmente considérablement depuis 1996, puisqu'il a plus que doublé. Le sex-ratio est déséquilibré en faveur des femelles sur Tignes et sur Val d'Isère, comme si l'augmentation de l'hivernage était due à une augmentation de femelles hivernantes.

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POPULATION REINTRODUITE DE CHAMPAGNY - PEISEY-NANCROIX


Les réintroductions

Afin de repeupler le Parc plus rapidement, sans attendre un retour naturel qui prendrait trop de temps, les premières réintroductions sont effectuées :

En 1969, 2 femelles et 3 mâles, capturés dans la réserve suisse du Mont Pleureur (en échange de castors), furent relâchés dans la vallée de Peisey-Nancroix, au pied du Mont Pourri.

En 1980, 6 mâles et 5 femelles originaires de Maurienne sont relâchés dans la vallée de Champagny.

Ces réintroductions seront à l'origine de la formation de deux noyaux qui, étant peu éloignés l'un de l'autre, fusionnèrent au début des années 1990.

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Territoires occupés

Après la fusion des deux noyaux de population des vallées de Champagny et de Peisey-Nancroix, on observe actuellement la colonisation de la rive gauche de l'Isère.

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Effectif et statut de la population

En 1975, le noyau de Peisey-Nancroix comprenait déjà 21 Ibex, malgré le braconnage (un mâle fut tué en 1974).

Peu après la fusion des deux noyaux, de Peisey-Nancroix et de Champagny, la nouvelle population comptait 270 individus en 1994.

A noter un ralentissement de la démographie du bouquetin sur Peisey, mais un renforcement de la colonisation de la rive gauche de l'Isère. Ce ralentissement est probablement une évolution naturelle, puisqu'on observe une évolution semblable sur Champagny (même si le faible nombre de cabris laisse craindre un problème pathologique à surveiller en 2004).

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EN RESUME ...


En résumé, voici l'évolution des effectifs totaux du Parc National de la Vanoise, depuis sa création :

Bibliographie :

  • PN de la Vanoise, 1997-2003. - Rapports d'Activité 1997, 1998, 2002 et 2003.
  • PN de la Vanoise, 1999. - Atlas du Parc national de la Vanoise.
  • WEBER Eric, 1994. - Sur les traces des Bouquetins d'Europe. - Edition Delachaux et Niestlé. 176 p.

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