Page mise en ligne le 5 Mai 2005 - Page dernièrement modifiée le Jeudi 5 Mai 2005


RANDONNEE DANS LE MASSIF DES CERCES (HAUTES-ALPES)

13/04/2005


Quatre Bouquetins mâles adultes : " Ils sont allongés, à quelques mètres les uns des autres, parmi les vires herbeuses de cette petite barre rocheuse où ils ont dû passer la nuit. Puis, quelques uns commencent à se lever, à s'étirer même. "

Photo : Mathieu Krammer.

Départ du Pont de l'Alpe aux alentours de 7h00. Il fait froid, car le soleil n'a pas encore atteint le fond de la vallée, mais une belle journée ensoleillée s'annonce. Nous (mon père, mon frère et moi) empruntons le sentier qui longe le torrent du Rif sur sa rive gauche. Un Pinson des arbres mâle chante à tue-tête sur un des arbres bordant le torrent !

Très rapidement, quelques dizaines de mètres après avoir quitté la voiture, nous aperçevons les premières taches claires sur des rochers : des Bouquetins !

A quelques centaines de mètres de là , une dizaine d'individus se tiennent sur les vires rocheuses surplombant : le Pont-de-l'Alpe et la haute vallée de la Guisanne d'un côté, et le ruisseau du Rif avec une série de vasques et de cascades de l'autre. Nous nous approchons de cette barre d'un peu plus près. Nous nous posons alors pour commencer à jumeller. Il est 7h20. Ce sont tous de vieux adultes mâles, aux cornes assez impressionnantes. Ils sont allongés, à quelques mètres les uns des autres, parmi les vires herbeuses de cette petite barre rocheuse où ils ont dû passer la nuit. Puis, quelques uns commencent à se lever, à s'étirer même. L'heure du réveil a sonné !

Ainsi, un Bouquetin, rapidement suivi d'un autre, décide de remonter en amont du ruisseau. Ils empruntent les rochers verticaux surplombant le ruisseau du Rif et ses cascades. D'autres, au contraire, se dirigent vers la vallée et ses pentes herbeuses. Seuls ou par groupes, ils avancent lentement depuis leurs rochers, vers un petit boisement de pins sylvestres et un vaste éboulis.

Ibex adulte : " L'un d'eux rejoint lui aussi le groupe dispersé de 10-15 Ibex (...). Se laissant facilement approcher, nous pouvons l'observer brouter attentivement les jeunes pousses d'herbes tendres du pâturage. "

Photo : Mathieu Krammer.

De notre côté, après 20 minutes d'observation, nous continuons notre chemin en direction du hameau de l'Alpe du Lauzet, un peu plus haut dans la montagne... Sur la rive gauche, juste au dessus de la piste menant vers l'Alpe du Lauzet, un vieux mâle nous surplombe également. Il se trouve sur un petit aplomb rocheux au milieu des pins sylvestres.

Nous retrouvons bien vite, sur notre gauche, les deux Bouquetins mâles de tout à l'heure qui sont montés vers l'amont du torrent. D'abord sur la rive droite, il passe ensuite sur la rive gauche puis monte la pente, droit sur nous ! A quelques minutes d'intervalle, ils passent devant nous sans manifester le moindre signe de nervosité ou d'inquiètude, à une dizaine de mètres seulement. Il s'agit de deux beaux mâles aux superbes cornes.

Le torrent puis le sentier franchis, ils rejoignent alors un groupe dispersée de 10-15 Bouquetins mâles. La grande majorité semblent assez vieux mais il y a tout de même quelques jeunes mâles. Tous ces animaux pâturent entre le Pont de l'Alpe et l'Alpe du Lauzet, au pied de l'Aiguillette du Lauzet, parmi un pré-bois de mélèzes.

Un couple de Grands corbeaux effectuent quelques parades aériennes entre les mélèzes.

Outre ces deux mâles, deux autres Bouquetins arrivent également de la rive droite du torrent du Rif, qu'ils franchissent à la faveur d'un tronc d'arbre couché en travers du torrent, au pied de la Lauzière. L'un d'eux rejoint lui aussi le groupe dispersé de 10-15 Ibex. Il est alors 8 heures du matin. Se laissant facilement approcher, nous pouvons l'observer brouter attentivement les jeunes pousses d'herbes tendres du pâturage. Cette observation "rapprochée" m'a permis de constater que les Bouquetins n'arrachent pas les touffes d'herbe mais les coupent délicatement, laissant encore les racines au sol.

De l'autre côté du torrent du Rif, la silhouette d'un animal présent sur la crête de la Lauzière se détache sur les Pics de Combeynot, de l'autre côté de la vallée de la Guisanne. Chamois ou Bouquetin ? Jumelles à l'appui, il s'agit d'un jeune Bouquetin mâle.

Vieux Bouquetin mâle : " Approché à moins d'une dizaine de mètres, l'animal ne manifeste aucun signe de nervosité, d'inquiétude ni d'énervement. Il broute paisiblement. C'est un vieux mâle, dont l'âge a été estimé (par mes amis du forum !) à 13-14 ans. "

Photo : Mathieu Krammer.

Nous laissons, à regret, nos Bouquetins, pour arriver finalement au hameau de l'Alpe-du-Lauzet. La neige est encore localement bien présente par plaques, notamment entre l'Aiguillette du Lauzet et l'Alpe-du-Lauzet plutôt exposé au nord. Mais le printemps approche à grand pas : en témoigne les nombreux cris de Marmottes entendues aux alentours du hameau.

En face de nous, sur le versant sud des Arêtes de la Bruyère (largement déneigé mais parsemé de nombreux névés), quasiment au sommet, nous observons à la jumelle un groupe de 3-4 Ibex. Très éloigné d'eux et ne disposant pas de longue-vue, je pense qu'il s'agissait de femelles mais je ne peux absolument pas le confirmer. Nous nous arrêtons ensuite sur un petit mamelon, entouré par l'Aiguillette du Lauzet au sud-est, les Arêtes de la Bruyère au nord et Roche Robert au nord-ouest. Petit déjeuner en pleine montagne, à 2000 mètres d'altitude : le Paradis ! Les Marmottes sont toujours aussi bruyantes mais ne se laissent pas voir, à notre plus grand regret.

Pour le retour, nous comptions emprunter le GR 50, au pied de l'Aiguillette. Mais sans crampon et devant les étendues encore localement importantes de neige, nous rebroussons chemin et empruntons le même chemin qu'à l'aller. La troupe de 10-15 Bouquetins observée une heure plus tôt a "disparu". Les animaux ont dû remonter le mélezin pour aller au pied même de l'Aiguillette. Nous rencontrons un couple de randonneurs, les seuls de la matinée, qui visiblement connaissent bien le coin. Le monsieur nous affirme qu'une femelle Chamois et son jeune de l'année précédente se tient du côté de l'Alpe du Lauzet. Mais nous ne l'avons pas observé ...

Arrivés au Pont de l'Alpe, nous remarquons que la toute première troupe, observée pendant son "réveil" s'est elle aussi "volatilisée". Mais rapidement, nous voyons de nombreux Ibex disséminés dans la pente, seuls ou en petits groupes de moins de 4 individus. Ces animaux se trouvent entre éboulis, alpages et boisements clairs de pins sylvestres. Certains sont à quelques centaines de mètres seulement au dessus de la route menant au Col du Lautaret. Tous profitent de l'herbe nouvelle et broute paisiblement. Les premiers rayons du soleil nous atteignent et à l'adret, il fait presque doux.

Après avoir posé mon sac à la voiture, je décide alors d'approcher un de ces mâles. Le plus près se trouve à quelques centaines de mètres au dessus de la route, parmi des pins rabougris. Il est 10h05. J'arrive à m'approcher à moins d'une dizaine de mètres de l'animal, qui ne manifeste aucun signe de nervosité, d'inquiétude ou d'énervement. Il broute paisiblement. C'est un vieux mâle, dont l'âge a été estimé (par mes amis du forum !) à 13-14 ans. Finalement, au bout de plusieurs dizaines de minutes, visiblement lassé de ma présence, il s'en va nochalamment parmi l'éboulis, pour rejoindre une autre pâture de l'autre côté de celui-ci. Au dessus de nous, une troupe de Corvidés (Grands corbeaux et/ou Chocards à bec jaune et/ou Craves à bec rouge) tournoient et crient, accompagnés par un Faucon crécerelle en plein vol du Saint-Esprit.

Je rejoins finalement la voiture. Sur les arbres bordant le ruisseau du Rif, un chardonneret élégant chante. Cette matinée m'a permis d'observer un grand nombre de vieux Ibex mâles et de faire quelques photos intéressantes pour le novice que je suis.

Ma prochaine sortie "Bouquetin" est vraisemblablement prévue pour cet été, dans les Cerces également mais j'espère ailleurs aussi, au grès des opportunités.


Retour vers le haut de la page

Retour vers la page précédente

Retour vers la page d'accueil